Zeiss Biotar 58mm F/2 – Helios 44M 58mm F/2 – Super Takumar 58mm F/2 – Test des “anciens”

Ces anciens objectifs réputés pour leur flou d’arrière plan caractéristique et très personnel peuvent être aujourd’hui montés sur nos appareils mirrorless (avec bague d’adaptation) tout en conservant la mise au point à l’infini (ce qui n’était pas le cas avec une bague de conversion pour reflex Nikon F)

Ici je teste des objectifs à vocation de réaliser des plans rapprochés à pleine ouverture, portraits en situation par exemple. Je vais les comparer à des objectifs plus modernes mais aussi plus « lisses » dans les arrières plan, un 50mm 1,8 Nikkor AF et mon objectif de référence un 55mm F/2,8 Micro Nikkor et même un très récent Nikon Z 40mm F/2.

Ces tests sont donc réalisés à F/2 avec pour but de se rendre compte si ces objectifs très attachants valent encore le coup d’être utilisés sans sacrifier trop de piqué sur nos photos.

Je ne les compare que sur la netteté au centre (1/3 de l’image) car nous sommes sensés les utiliser dans cette zone (Portrait en situation à P.O. avec par la suite un léger recadrage éventuel pour ne pas garder notre point fort en pleine pastille)

Avant de commencer, vous avez donc bien compris l’esprit du test, rester dans l’ambiance douce et moins « analytique » que nos objectifs modernes (Sigma Art 50mm, Sony 1,4/50mm Nikon Z…) mais l’idéal serait quand même de ne pas faire trop de compromis sur le piqué ressenti.

Tests effectués sur surface plane et comportant un grand niveau de détail (carte routière). A 50x la focale. Les objectifs sont montés sur Nikon ZF et les résultats sont présentés ici sous la forme d’un crop central de 600×600 px issu de l’image d’origine à 100 %.

Cliquez sur chaque image pour les agrandir à taille réelle dans un nouvel onglet

L’Helios 44M est le plus doux des 3. Le Biotar est beaucoup plus contrasté suivi par le Super Takumar. Sur une première impression le Biotar est bien supérieur.

On remarque que ces objectifs ont un point en commun: de la « douceur » !

Le faible contraste joue sur l’acutance de l’image (l’impression visuelle de netteté… relative…on verra plus loin).

Pourtant le pouvoir de séparation est bien là, ces objectifs sont bien définis et arrivent à résoudre les plus fins détails. Agrandissez les images!

Et par rapport à nos cailloux modernes ? Voyons:

Il y a beaucoup plus de contraste dans ces objectifs “modernes” et une belle impression visuelle de netteté globale au premier coup d’œil. Ils sont plus flatteurs. Le seul ancien qui tient la comparaison sans agrandir l’image est le Zeiss Biotar.

Dans ces objectifs modernes, notre préféré et objectif étalon sera le Micro Nikkor 55mm f/2.8. Le Nikkor 50mm F/1.8 AF est le plus doux. Le Nikon Z 40mm reste visuellement très correct au centre mais son pouvoir de séparation est un peu en retrait

L’impression visuelle de netteté est en fait toute relative, elle est ressentie par la combinaison de 2 facteurs importants : contraste et “définition” (pouvoir séparateur), l’un sans l’autre donnera une image qui ne semblera pas tout à fait “piquée”. Mais dans la pratique je préfère de loin une image douce et définie qu’une image contrastée et moins précise… Pour illustrer le propos voici ce que donnent nos objectifs après un post traitement rapide, redynamisant le contraste, le micro-contraste, l’effet de bord (sans pousser les corrections car j’ai souhaité rester dans l’esprit de ces objectifs – doux et nuancés):

Quel changement! Visuellement sans agrandir c’est flagrant, nos veilles optiques sont parfaitement compétitives. Ce qui veut dire que si le contraste était très faible, le pouvoir de séparation était bien présent!

Le Biotar est même assez proche de objectif de référence (le micro-Nikkor), et ce n’est pas peu dire lorsqu’on sait qu’il tient en respect beaucoup d’objectifs actuels hauts de gamme!

Lorsque l’on agrandira ces images, on constatera même que notre ancien Helios 44M semble être l’un des plus défini malgré son contraste toujours modéré.

En conclusion, dans ces vieux pots on fera toujours de l’excellente confiture, avec un petit post-traitement adéquat!

Ces 3 objectifs ont les mêmes formules optiques (Planar asymétrique) et offrent un bokeh caractéristique assez similaire. Mon Biotar est un 12 lames, cet Helios 44M un 8 lames et le Super Tak un 6 lames… (Bien évidemment, plus de lames et plus de jolis “ronds” dans les arrières plans!)

J’ai testé ces objectifs jusqu’à F/4 et le contraste progresse régulièrement mais la définition reste identique… au centre. Dès que l’on s’écarte du cercle central à pleine ouverture c’est évidemment plus tendu, l’homogénéité progresse en fermant le diaph, mais ce n’est à mon avis ni la vocation, ni l’intérêt à utiliser ces vieux objectifs… Le plus homogène est aussi le plus récent, le super Takumar, ensuite le Biotar et enfin l’Hélios 44M.

Mon “ancien” préféré restera le Zeiss Biotar avec un bon compromis contraste/définition. Dès F/2.8 son homogénéité s’améliorera, un petit cran au-dessus de l’Hélios, et presque identique au Super Takumar qui reste un excellent objectif. L’Helios 44M ravira les portraitistes à pleine ouverture en douceur et précision, avec un bon post-traitement adéquat et… si c’est un exemplaire bien ajusté (quelques différences notées lors de mes tests avec 2 exemplaires différents du 44M!)

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